Reine de Palmyre, de A.B. Daniel

L'avis de Lirélie : Épopée mystique aux débuts de la chrétienté

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Résumé : La nuit où Zénobie vient au monde, au Ier siècle de notre ère, dans le désert de Syrie, non loin de Palmyre, une boule de feu déchire le ciel pour venir frapper la terre, faisant jaillir l'eau du sable et amenant l'opulence à sa tribu. Au même moment, un jeune officier romain, Aurélien, remporte victoire sur victoire, menaçant l'ascension de la princesse du désert. Ainsi naissent les destins croisés de ceux qui, bientôt, se livrent un combat acharné pour le pouvoir suprême. Zénobie, reine de Palmyre, vénérée comme une déesse dans tout l'Orient, et Aurélien, Dux Majorum, qui ambitionne de devenir un grand empereur guerrier.

 

L'avis de Lirélie : Je tiens à remercier les éditions XO pour ce service presse et par extension,  pour cette belle découverte.

En effet, si le nom de Zénobie m'était très vaguement familier, je n'aurais pas su dire qui était ce personnage historique dont on ne sait pas grand chose encore maintenant. C'était donc intéressant pour moi d'aller à la rencontre de cette "princesse" du désert, fille d'un grand caravanier ayant bâti sa fortune en partie sur la naissance "mystique" de cette dernière.

L'arrivée au monde de Zénobie est marquée par un événement terrible et en même temps "divin" selon les témoins, faisant penser que la nouvelle née est touchée par une grâce qui ne peut être naturelle. Élevée dans l'idée qu'elle est une quasi déesse, Zénobie apparaît d'abord comme une jeune fille caractérielle et butée. C'est justement cet aspect de sa personne qui va la conduire à quitter la maison de son père, aussi bien que son autorité, afin de vivre la vie qu'elle a toujours voulu, auprès d'une seule et même personne.

Tout ne peut pas être rose comme au pays des Bisounours, vous le supposez bien. À époque violente, actes violents et alors que Zénobie est en passe de réussir son projet, une rencontre va la transformer à jamais, l'amenant à la dureté du coeur, et à la couronne de Palmyre. Mariée à Odeinath, elle montrera que son père et sa tribu avaient raison et que Zénobie est effectivement un être hors du commun.

J'ai aimé lire ce livre, sachant qu'il faut vraiment aimer les romans historiques pour attaquer les 700 pages grand format de celui-ci. (Touristes, s'abstenir) Malgré sa taille, la variation des personnages et des situations permet de passer des uns aux autres sans ressentir d'ennui.

J'ai bien aimé l'organisation du récit basée sur les parcours parallèles d'Aurélius, le romain ambitieux, et de Zénobie, la jeune femme plus ambitieuse encore. Et quand je dis parcours parallèle, c'est un euphémisme. Pour que la route de ces deux-là se croise, ... Vous verrez.

Un autre point positif dans ce livre, c'est la description des batailles des légions romaines aux limites de leur empire. C'est tout l'intérêt d'un roman historique que de nous emporter dans un récit fictif tout en nous apprenant des choses concrètes sur ce qui s'est passé des siècles voire des millénaires en arrière. Et justement, à mon sens, ce qui fait d'autant plus son attrait, c'est le lien qui unit Aurélius et Zénobie : les chrétiens; eux-mêmes symbolisés par un personnage : Schawaad. Au début, j'avoue que je m'attendais à une romance type entre les deux, sans forcément de fin heureuse, mais la tournure que prennent les événements... et surtout la tournure que prend le fameux Schawaad... C'est bien vu de la part de l'auteur et pose de nombreuses questions sur les personnages.

En parlant de personnages, Aurelius vaut son pesant d'or. Militaire dans l'âme, il n'empêche que certaines choses ont de quoi choquer. Vous verrez sur la fin (et au milieu, hum...).

J'ai trouvé la fin un peu abrupte mais au final, ça fonctionnait très bien et j'ai particulièrement apprécié la post-face où l'auteur parle de la Zénobie réelle, celle qui l'a inspiré. Si le personnage reste mystérieux pour les historiens, au moins a-t-il le mérite d'être mis en lumière par ce livre.

Je terminerai sur la mise en lumière d'ailleurs. Il est assez fréquent, si vous lisez des Christian Jacq ou autres, de trouver des représentations schématiques d'édifices ou de villes dans un roman historique. Ici, on n'échappe pas à la règle mais ce qui est "original", c'est l'amertume qu"on peut ressentir en voyant les photographies couleur des ruines de Palmyre qui sont proposées. Véritable héritage de notre passé lointain, on ne peut qu'être scandalisé au milieu de de notre lecture, de voir ces restes antiques détruits à coup d'explosifs par ces rebuts de l'humanité qui composent DAECH.

Alors à eux comme aux autres, je dirai ceci : vos bombes, encore une fois, n'ont rien changé. La pierre a disparu, mais pas la transmission du savoir. Les ruines de Palmyre ne sont plus, or, grâce à des passionnés épris de liberté et de culture, elle est plus vivante que jamais. En cela, voyez, pauvres fanatiques, que votre oeuvre est vouée pour toujours à l'échec.

 

Ma note pour Reine de Palmyre, d'AB Daniel :

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