Les femmes les plus sanguinaires de l'Histoire, Alain Libert

Sans titre 4

 

Résumé : Choquantes, parfois inspirantes et toujours captivantes, ces histoires plongent le lecteur dans la vie et l'époque de 22 des femmes les plus impitoyables et ambitieuses de l'Histoire. Impudentes, douées, méchantes, rusées, instables, dures comme la pierre, elles étaient des produits de leur temps, des femmes qui défièrent les coutumes et l'éthique de leur époque. Ces femmes utilisaient tous les moyens à leur disposition pour atteindre leurs objectifs individuels. Leur amour du pouvoir se conjuguait parfois en intrigue, en meurtre ou encore en un désir brûlant d'être le numéro un dans un monde où l'homme est un loup pour l'homme.

 

L'avis de Lirélie : Je remercie vivement les éditions Jourdan pour m'avoir permis, au salon du livre de Paris, d'opérer une razzia sur leurs étagères. Outre une rencontre sympathique avec l'une de leurs collaboratrices, j'ai pu aussi alourdir ma PAL avec plusieurs de leurs ouvrages, et notamment celui d'Alain Libert : Les femmes les plus sanguinaires de l'Histoire.

Encore une fois, pour ce genre de livre historique, j'insiste sur l'importance de la préface. Les choix opérés par l'auteur pour sa sélection des femmes sanguinaires ne peuvent pas être totalement appréciables si on ne passe pas par cette étape. À mon sens, la préface se doit d'être le miroir des intentions de l'auteur afin que le lecteur comprenne au mieux sa démarche et les enjeux de son écriture, chose impossible sinon quand on ne fait que dresser une liste de personnalités sans en préciser la structure de pensée. Si la préface nous apprend des éléments supplémentaires sur les tenants et les aboutissants des personnages, un peu comme une super introduction, c'est encore mieux, comme je l'avais évoqué dans le livre Les couples de tueurs en série de Benoît Amez. Ce dernier avait vraiment été jusqu'au bout de sa démarche didactique en ne se contentant pas de nous offrir un panel de psychopathes amoureux mais en remontant jusqu'aux sources de la notion de "tueur en série" dans sa préface. C'était donc l'esprit tranquille et plus avisé que nous pouvions alors entrer dans le récit des horreurs perpétrées par ces gens. Pour Les femmes les plus sanguinaires, la préface, bien que courte, se révèle être capitale pour l'appréhension des femmes sélectionnées. Le lecteur reste juge mais l'auteur fait les rappels nécessaires sur la mysoginie de l'époque faisant d'une femme qui se voulait libre, une perverse de la pire espèce, sans toutefois chercher à excuser les comportements de celles-ci, qu'elles soient épouse d'empereur nymphomane, impératrice cruelle, comtesse sanguinaire, chef pirate ou rebelle.

Venons-en au panel et à son traitement.

On reste fidèle à la présentation habituelle de la collection "Les plus Grands" avec une succession de personnalités féminines classées par ordre chronologique. Je me suis néanmoins demandée pourquoi il y avait une thématique "XXe siècle" alors que dans les pages précédentes, il n'y avait aucun classement par siècle. Surtout que si on voulait vraiment pinailler, on pouvait alors ensuite évoquer l'absence du titre "XXIe siècle" sur les dernières affaires évoquées (Outreau ou l'affaire L'Hermitte) si on avait voulu suivre la logique. De même, je n'ai pas compris l'intégration d'Ilse Koch, "la sorcière de Buchenwald" à la catégorie "les tortionnaires de ces dernières décennies" : on parlait du XXe siècle juste avant et elle aurait très bien pu y être intégrée (années 30/40) alors que l'auteur la place avec Lynndie England, l'une des tortionnaires de Guantanamo, pour des faits datant effectivement des dernières décennies. Ce n'est qu'une question de présentation et j'ai conscience de pinailler eu égard à la qualité de ce livre mais j'assume.

Parlons de la qualité du livre justement. J'ai trouvé la première partie véritablement PASSIONNANTE ! J'ai beaucoup apprécié le fait que l'auteur mette des citations des femmes sanguinaires au tout début de sa présentation, ça donne une idée de la personne et émoustille en même temps la curiosité. Alain Libert commence ensuite à chaque fois par évoquer des situations sanglantes de manière réaliste pour ensuite repartir sur l'enfance de la femme en question. C'est un procédé intéressant parce qu'on passe du présent atroce au passé qui peut expliquer celui-ci sans pour autant l'excuser.

Mention spéciale pour Messaline la nymphomane dépravée, Marie Ière d'Angleterre la malheureuse, Boadicée la rebelle (ce qui n'excuse en rien ses massacres et j'insiste là-dessus), Ranavalona l'exécutrice et la suprême des suprêmes, Élisabeth Bathory, la comtesse sanglante, connue pour avoir inspiré Bram Stocker pour son personnage de Dracula autant que Vlad Tepes l'empaleur en son temps. Peu fréquentables ces femmes, même si concernant Boadicée, on peut être plus mitigé sur le jugement de ses motivations, très bien expliquées par l'auteur.

La deuxième partie du livre comprenant des femmes du XIXe siècle jusqu'à nos jours, était également véritablement prenante mais moins pourvue en personnages aussi.... En fait je ne trouve pas les mots. Comment qualifier ces folles furieuses ? C'est assez difficile compte tenu de leur vécu et surtout, du contexte dans lequel elles évoluaient, totalement différent du nôtre aujourd'hui. C'est peut-être ce qui les rend plus fascinantes dans un sens... d'une manière un peu morbide, telle celle qu'on peut ressentir auprès des tueurs en série qui nous dégoûtent et nous questionnent en même temps. Bref.

Cette lecture m'a beaucoup apporté et je l'ai vraiment trouvée intéressante à tous points de vue. Je regrette néanmoins le survol des femmes de pédophiles dont l'évocation est bien trop rapide à mon goût.

Dans tous les cas, on en apprend beaucoup avec Les femmes les plus sanguinaires de l'Histoire, et je trouve le ton caustique de l'auteur dans la relation des événements, tout à fait percutant. Jamais juge, Alain libert rappelle quand même, et c'est important, que ces femmes jugées sanguinaires sont évidemment qualifiables de monstres, mais aussi que nombre d'entre elles ont voulu égaler les hommes sur tous les plans, quitte à laisser une trace sinistre dans les mémoires, mémoires bien souvent écrites, jusqu'à il n'y a pas si longtemps par... des hommes, justement.

 

Ma note pour Les femmes les plus sanguinaires de l'Histoire :

****

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