Les couples de tueurs en série les plus monstrueux, de Benoît Amez

L'avis de Lirélie : Aussi édifiant que glaçant !

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Résumé : Ils sont devenus les couples de tueurs en série les plus tristement célèbres. Ils s'appellent Marc Dutroux et Michelle Martin, Fred et Rosemary West, Paul Bernardo et Karla Homolka ou encore Michel Fourniret et Monique Olivier. Ils ont commis les pires atrocités, les pires crimes. En couple, ils ont enlevé, séquestré, torturé, violé et tué. Les faits se sont déroulés aux États-Unis, en Australie, au Canada, en Angleterre, en Belgique et en France. Qui sont ces êtres hors norme ? Comment en sont-ils arrivés là ? Quel a été leur parcours ? Quels sont les rapports de force au sein du couple ? Ces hommes et ces femmes se sont rencontrés par amour, intérêt parfois et leur vie a basculé. Ils ont formé des couples diaboliques au service de leurs passions et de leurs rêves monstrueux : ils se sont unis... pour le pire ! Analyse inédite de faits de société encore inexplorés, notamment l'intimité des couples assassins.

 

L'avis de Lirélie : Pour une fois, je pense faire court dans cette chronique. Je commencerai déjà par remercier les éditions La boîte à Pandore pour ce service presse, puis je constaterai que rien de ce que je dirais sur ces couples sordides ne pourrait être mieux retranscrit que dans le livre.

Je tire mon chapeau à Benoît Amez pour cet ouvrage que j'ai véritablement trouvé EXCELLENT. Aucun jugement, aucune prise de partie, aucune accusation. Rien que des constatations objectives de faits tous plus abjects les uns que les autres.

Je crois qu'hormis la présentation très aérée et très bien pensée de chaque cas, à savoir revenir sur les événements en insérant pour chacun des assassins un paragraphe sur leur enfance (très révélatrice pour la plupart), ce que j'ai surtout adoré, c'est la préface et la postface.

Benoît Amez aurait pu se contenter de parler des couples de tueurs sans aller au-delà. Mais ce qui rend son livre véritablement intéressant, c'est cette volonté de dépasser le cadre du sujet pour aborder la question du tueur en série, à proprement parler.

Si le public connait ce genre de meurtrier à travers les journaux ou les séries TV, l'explication plus scientifique de la "carte didentité" du serial killer est beaucoup plus complexe. En vérité, il n'y en a pas vraiment. Ce que le livre traduit bien. Chaque cas est différent et l'enfance n'explique pas à tout les coups le basculement dans le crime. Sinon, nombre d'enfants maltraités tourneraient ainsi, triste constat. Il faut de nombreux facteurs pour engendrer un serial killer et chose que je ne savais pas, c'est qu'un choc traumatique physique, type lésion cérébrale, peut en accélérer le processus.

De même, et ce qui est vraiment inquiétant, c'est qu'on apprend qu'effectivement les statistiques démontrent que les tueurs en série naissent et agissent principalement aux USA mais que depuis plusieurs années, le "phénomène" (beurk) se mondialise à mesure que notre planète le fait aussi. Il est donc indéniable que les sociétés créent leurs serial killers, ceux-ci étant par la suite plus que ravis de la bafouer de la plus horrible des manières, et sans remords aucun. Quand est-ce qu'on se décidera enfin à regarder nos responsabilités ? L'enfance est sacrée. L'enfant est sacré. Peut-être que si ceux-ci vivaient dans un monde moins fou, où les adultes ne donneraient pas le mauvais exemple en mettant sur un piédestal la réussite à tout prix, on verrait moins de ces "ogres des Ardennes" et d'ailleurs qui tuent autant qu'ils traumatisent.

Ma lecture ne fut donc pas de tout repos, étant donné la charge émotionnelle de chaque cas. Il m'a fallu plusieurs fois poser mon livre et aller regarder dehors pour me dire qu'en ce bas monde, il n'y a pas que des sadiques pervers masculins ou féminins qui n'attendent que le moment où votre vigilance s'atténue pour faire du mal aux personnes qui vous sont les plus chères. Ce fut difficile. La paranoïa n'est jamais loin malgré la rareté de ce genre de faits.

Je n'ose pas imaginer ce qu'ont dû vivre les membres des familles et les jurés qui ont assisté aux procès des meurtriers ignobles qui n'hésitaient pas à filmer leurs actes innommables. Qui est le plus ignoble ? Celui qui tue ou celui qui laisse faire par amour ? Benoît Amez ne répond pas à cette question et nous laisse seuls juges. Je ne dirai pas ce que je pense.

Je vous dirai simplement que ce livre prend aux tripes, au sens premier du terme, et que vous devrez vous blinder pour arriver au bout. Une fois terminé, je vous donnerai ce conseil : ne laissez pas l'amertume et le dégoût de l'humanité, ou du moins de certains humains, vous noircir le coeur. Regardez plutôt vos enfants si vous en avez, et souriez.

Quoi qu'on en dise, l'innocence existe. Maintenant il faut savoir la préserver.

 

Ma note pour le livre de Benoît Amez :

*****

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