Grey, 50 nuances par Christian, de E.L. James

L'avis de Lirélie : Nul

Greyfront

 

Résumé : CHRISTIAN GREY contrôle tous les aspects de sa vie : son monde est ordonné, organisé et désespérément vide, jusqu’au jour où Anastasia Steele tombe la tête la première dans son bureau. Il tente de l’oublier, mais il est emporté dans un tourbillon d’émotions qui le dépassent. À l’inverse des autres femmes, Ana l’ingénue semble lire en lui à livre ouvert, et deviner un cœur d’homme blessé derrière l’apparence glacée du magnat des affaires. Ana pourra-t-elle effacer les horreurs que Christian a connues dans son enfance et qui ne cessent de le tourmenter ? Ou est-ce que la face sombre de la sexualité de Christian, son goût exacerbé du pouvoir et le peu d’estime de soi qui le consume auront raison des sentiments de la jeune femme ?

 

L'avis de Lirélie : Je m'excuse si mon titre et mes futurs propos hérissent le poil des fans de E.L. James mais je rappelle que le principe des 1001 chroniques en folie est de dire toute la vérité sur le ressenti lié à une lecture. Alors il est possible que je choque certaines sensibilités ici.

Je m'explique :

Je n'ai jamais été particulièrement portée vers les romances mettant en scène une ingénue qui fait craquer un milliardaire, toutefois, à force d'entendre à tous bouts de champ parler de 50 Nuances de Grey en 2014, je me suis dit qu'il fallait au moins que j'essaie. Je dois dire que je m'étais à l'époque laissé captiver par cette histoire d'un homme meurtri qui trouve la force de laisser ses démons dans la passion qu'il voue pour une jeune femme maladroite. Je suis allée au bout des 3 tomes même si le 2e était peu palpitant et que dans le 3e, j'ai carrément passé des pages tant les galipettes des protagonistes me donnaient le tournis.

Cela fait quelques temps maintenant que la version Christian des 50 nuances est sortie et j'ai vu combien elle avait déçu de nombreuses collègues blogueuses littéraires. Le film ne m'avait pas non plus transcendée l'an passé, c'est pourquoi je ne voyais pas l'utilité d'investir dans le dernier né de l'esprit tortueux de E.L. James. Et puis un jour...

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Un instant de faiblesse, je crois. Mais peu importe. J'ai acheté récemment l'histoire du couple le plus sulfureux de l'année 2014 puis 2015, racontée par le héros.

Une chose à en dire : Eh bé...

Si le côté trash de la version Ana Steele était édulcoré par "l'innocence" (je mets des guillemets parce qu'à des moments, elle fait des trucs pas vraiment innocents) et la candeur de l'héroïne, là, on a la trash attitude dans toute sa splendeur.

Si vous cherchez de la nouveauté côté intrigue, vous n'en trouverez pas réellement. Il y a bien les passages où Christian discute avec ses gardes du corps et ses assistantes mais malheureusement, on s'en fout un peu parce que ça ne nous apprend rien de spécial. Il y a bien les rapports ambigus avec Elena Lincoln, la Mrs Robinson pédophile chère au coeur d'Ana. Mais là encore, ce n'est pas vraiment développé et les souvenirs de Christian sont très fugaces sur le sujet.

En fait, tout n'est qu'une retransposition du 1er tome. Ce n'est pas un problème en soi car voir évoluer les personnages sous un angle différent peut être très divertissant, mais là, je ne sais pas, ça ne passe pas.

Sûrement du fait du langage...

Au secours ! Si j'étais déjà choquée par les manières de Christian Grey avec le 1er opus, ici, on se rend compte d'à quel point ce type est complètement borderline. Ce n'est que "baise ", "je veux te baiser", "je la regarde me sucer", "elle me pompe" et bla bla bla, jusqu'au summum du dégueu : "je goûte mon foutre dans sa bouche" (c'est formulé à peu près comme ça). POUAH ! Je savais où j'allais quand j'ai acheté le bouquin mais il y a eu quelques passages où je me suis dit que c'était franchement écoeurant.

Non mais vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui rêvent de vous fourrer un  morceau de gingembre dans l'anus pour vous empêcher de serrer les fesses pendant une séance SM sans vraiment l'être? Au secours.

Bon alors, certes, on peut apprécier les passages où Christian rêve de ce qu'il a vécu étant gosse (c'est terrible et touchant), tout comme ceux où on voit qu'Ana Steele a un pouvoir sur lui qu'il ne s'explique pas. Mais au final, tout ça est un peu répétitif et quand on en arrive aux échanges de mails et aux closes du contrat, c'est juste une immense sensation de déjà-vu. Dommage. J'ai passé un nombre incalculable de pages.

Moralité, je préfère rester sur mon sentiment positif de la série des 50 Nuances version Ana. À mon sens, lever le voile sur les pensées de Christian n'était finalement pas une si bonne idée ici puisque le résultat ne nous apprend pas grand chose de plus que ce qu'on sait déjà. La leçon est aussi utile pour les auteurs qui souhaiteraient se lancer dans ce genre d'aventure car on est tellement attendu au tournant après le succès d'un livre qu'en vérité, il est difficile de contenter les fans. Moi qui me disais que peut-être un jour je réécrirais ma saga sur une deuxième focalisation interne, quand je vois la difficulté de l'exercice, je me dis qu'effectivement, il faut y réfléchir à deux fois. Ce que E.L. James aurait peut-être dû faire...

 

Ma note donc pour Grey, 50 Nuances par Christian, de E.L.James :

*

 

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Date de dernière mise à jour : 30/03/2016