San Andreas

L'avis de Lirélie - Un blockbuster qui fait pshiiiiit !

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Résumé : Lorsque la tristement célèbre Faille de San Andreas finit par s'ouvrir, et par provoquer un séisme de magnitude 9 en Californie, un pilote d'hélicoptère de secours en montagne et la femme dont il s'est séparé quittent Los Angeles pour San Francisco dans l'espoir de sauver leur fille unique. Alors qu'ils s'engagent dans ce dangereux périple vers le nord de l'État, pensant que le pire est bientôt derrière eux, ils ne tardent pas à comprendre que la réalité est bien plus effroyable encore…

 

L'avis de Lirélie : Après avoir entendu dire que ce film était impressionnant, je me suis laissée convaincre d'aller le visionner au cinéma. J'aime les films grand spectacle alors pour moi, cela promettait un bon moment passé confortablement installée dans mon fauteuil avec quelques pop corns en guise de munitions.

En fait, j'ai été surprise de la vitesse à laquelle l'action se met en place. D'habitude, dans les films catastrophe, il faut toujours que l'action se prépare de manière interminable. En effet, il faut à chaque fois se familiariser avec des personnages types voire stéréotypes, à savoir la grand-mère et son chien-chien, les enfants adorables avec leur ours en peluche, l'ado rebelle fille ou garçon qui lutte pour obtenir un piercing dans le nez, et enfin, les parents divorcés qui se déchirent mais qui en fait, s'aiment encore, et ce malgré le fait que la femme (souvent) se soit remise avec un autre homme que son ex conjoint (se vérifie dans "2012" et ici en l'occurrence).

Dans "San Andreas", je fus donc agréablement stupéfaite de voir que pour une fois, on allait nous épargner le quart d'heure mélo prévisible pour directement nous plonger dans les problèmes que vont rencontrer les californiens avec leur fameuse faille de San Andreas. La communauté scientifique spécule il est vrai depuis des années sur où ? et quand? le gros tremblement de terre qu'ils pressentent et nomment affectueusement "The big one", va se produire pour détruire une bonne partie de la région et faire passer les autres séismes dévastateurs connus sur le continent pour des secousses dignes de celles qu'on peut ressentir en Auvergne (impressionnant quand même quand on n'est pas habitué). Les producteurs ont parié sur la faille de San Andreas qui courent sur une large portion de l'Etat. Ok.

La scène d'ouverture est assez impressionnante. On a d'abord envie de gifler la petite blondinette décérébrée qui non contente de se retourner pour farfouiller dans son sac à mains sans plus regarder la route à virages serrés bordée par un ravin qu'elle emprunte, va ensuite envoyer des textos alors que des innocents qui n'ont pas demandé à mourir à cause d'une cruche qui n'a pas un minimum de cervelle pour comprendre les spots de prévention routière, la croisent sur ladite route. On se dit qu'elle va tuer quelqu'un et qu'elle mérite une bonne correction. Voilà. Elle est punie, par une scène de roulés-boulés à inscrire dans les annales, au point qu'on en vient à culpabiliser de lui avoir souhaité une petite leçon. Mais bon... "The Rock" était là !

Eh oui ! Quelle belle reconversion que celle de Dwayne Johnson, de héros du catch à acteur "bankable". J'avoue, j'étais sceptique pour son interprétation dans "La Momie" et surtout dans ce film divertissant mais ô combien anachronique qu'est "Le roi scorpion". Au final, son parcours inspire le respect, non pas par ses rôles de composition mais par les succès occasionnés, dont certains dans le registre de la comédie (ex: "Bienvenue dans la jungle" où il joue avec son image). Je l'ai beaucoup aimé dans "Fast and Furious 5", le meilleur de la saga à mon sens, où il mérite bien le surnom de "The Rock" car c'est une vraie montagne de muscles.

Enfin bref, ici, il joue le papa poule d'une jeune étudiante (aux yeux bleus incroyables soit dit en passant) qui vit avec sa mère et son beau-père (l'acteur de "Ringer" et des "4 fantastiques"), un magna de la construction. Encore traumatisé par la mort de sa 2e fille quelques années plus tôt, il a du mal à communiquer avec son ex femme et est très protecteur avec sa fille. C'est aussi un pilote d'hélicoptère de sauvetage expérimenté et héroïque. Tout cela va lui servir quand la faille de San Andreas va commencer à faire des siennes et à détruire tout ce qui ressemble de près ou de loin à une autoroute ou un building.

Effectivement, les scènes de destruction sont impressionnantes dès le début, ce qui nous fait présumer d'un très beau spectacle tout le long du film (tsunami pas mal) en dépit d'un scénario cousu de fil blanc côté personnages.

C'est là ou le bas blesse. On aurait pu pardonner l'écueil de la prévisibilité si l'action jusqu'au bout, nous avais rivé à nos sièges. Ici, il y a eu de l'action, jusqu'au bout, certes, mais on reste tellement sur sa fin qu'on se demande s'il n'y a pas erreur sur la marchandise. Dans "2012", même si le scénario n'était pas aussi consistant que celui de "Forrest Gump" loin de là, on avait un film avec un début, un milieu et une fin.

Là, on a un semblant de fin complètement bâclée qui laisse le champ libre à tellement de questions non exploitées qu'on ne peut que se dire qu'il manque quelque chose. Je ne sais pas si je m'exprime suffisamment clairement pour vous faire saisir l'idée mais je ne vois pas comment le dire autrement. Il manque quelque chose à la fin. Que va-t-il se passer ? Et la gestion de la catastrophe dans l'ensemble du pays? La gestion par le gouvernement? La communauté scientifique ? Rien, rien et rien ne va permettre de répondre à ces interrogations. Comme ça n'a pa été traité au milieu du film, on pouvait espérer une quelconque mention vers la conclusion de l'ensemble.

Mais non. On reste scotché à cette famille dans une image de fin complètement grotesque et qui m'a véritablement scandalisée. Pourquoi faut-il toujours que dans les films d'action, les USA nous resservent leur refrain favori:"nous sommes les meilleurs"?! Il suffit de regarder comment ils arrivent à nous servir leur sauce patriotique à coup de drapeau étoilé à un moment et surtout dans un lieu (regardez la fin de "San andreas" c'est juste risible) totalement hors contexte.

Avec une dernière réplique de Dwayne Johnson à pleurer de bêtise navrante, j'ai fini certes estomaquée, mais pas pour les bonnes raisons. J'ai eu l'impression d'être prise pour une andouille (non pas que je cherchais dans ce film un documentaire qui élèverait mon QI de 20 points) et j'ai horreur de ça. Ajouté à cela le sentiment que l'acteur principal n'a pas fait son maximum pour nous faire croire à ses émotions...

Par conséquent, une agréable surprise suivie de scènes spectaculaires pour finir sur un final décevant voire grotesque, voilà ma définition d'un blockbuster qui fait pshiiiit. Moralité, ça se laisse regarder, mais attendez-vous à être déçu en fin de compte par rapport à ce qui existe déjà et dont on sent que le film s'est largement inspiré (ex: "Volcano" pour le chef d'entreprise qui s'avère être un méchant et qui finit écrabouillé).

 

Ma note :

 

 

 

 

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